L'équipe de France a quitté Orly le 27 juillet 1948 au matin. Démunie de billets (sans que l'on sache très bien pourquoi…) la délégation a retardé de 45 minutes le départe de l'avion. Une heure quinze plus tard elle atterrissait à Londres.
Le Village Olympique qui accueille l'équipe de France est situé près de la Capitale à Uxbridge dans un ancien camp de repos pour les aviateurs de la RAF.
Logés par chambre de 4, les joueurs se sont répartis par affinité de la manière suivante :
ö DESAYMONNET - BARRAIS - GIRARDOT (Championnet) partageaient leur chambre avec REBUFFIC (Racing CF) ;
ö THIOLON - BONNEVIE - OFFNER les stadistes avaient accueilli l'étudiant en médecine puciste GUILLOU ;
ö BUFFIERE - CHOCAT (UA Marseille) faisaient cause commune avec PERRIER (Hirondelles des Coutures Bagnolet) et DERENCY (EV Bellegarde) ;
ö Enfin André TONDEUR et Robert BUSNEL se trouvaient avec le Monégasque QUENIN et le Normand de Pont Lévèque EVEN.
Située à l'opposé du village (il faut une heure et demie de transport en commun pour y parvenir) Harrington Arena, la salle affectée au basket, était jusqu'alors réservée aux organisations de boxe… et aux sports de glace. D'une contenance de 8000 spectateurs, elle était munie d'un bar, d'un restaurant, de salles de presse et d'une installation radiophonique.
En 1948, au sortir de la guerre, les problèmes de ravitaillement étaient énormes et un grand nombre de produits manquait sur les tables. Voici quel était le menu type d'une journée :
ö Petit déjeuner (à prendre entre 7h30 et 8h30) : café ou thé, lait ; 1 œuf sur le plat ou poisson fumé ; porridge ; confiture ; beurre (ou ersatz) ; pain
ö Repas de midi (11h30 - 13h30) : soupe ; viande en sauce (trop cuite affirment les Français) ; légumes (seulement cuits à l'eau…) ; dessert ; vin (une bouteille pour trois) ; café ou thé.
ö Le soir, le menu était identique… mais les Français, par l'intermédiaire du débrouillard Paul GEIST, réussirent à l'agrémenter avec du jambon et parfois de la volaille dénichée Dieu sait où…
Afin de mieux connaître les nouveaux dieux du stade que deviennent nos basketteurs la presse à sensation (on dit " people " aujourd'hui) diffuse les petits traits caractériels des internationaux. On découvre alors un René CHOCAT douillet et un André BUFFIERE muet et discret. Par contre Raymond OFFNER, Jacques PERRIER et Fernand GUILLOU sont des " boutes en train " décontractés " qui donnent le ton et fait l'ambiance ". DESAYMONNET le fougueux, le timide GIRARDOT et les distraits BARRAIS ou BONNEVIE paraissaient bien sages. Pour sa part, EVEN est catalogué " d'écrivassier ", THIOLON de " digne ", enfin DERENCY serait plutôt " prétentieux " et REBUFFIC " snob " (normal pour un Racingman ajoute les chroniqueurs) et Yvan QUENIN " pondéré et réfléchi ".
Partie vers midi d'Uxbridge la délégation française, parquée en pleine chaleur autour de Wembley, attend l'heure de sa présentation et constate que le drapeau a été oublié au village. N'écoutant que sa générosité, Charles BOIZARD (le seul président de la Fédération présent pour le défilé, notons-le) vole vers Uxbridge après avoir réquisitionné une voiture officielle.
A quinze heures, les premières délégations s'ébranlent. Les Français suivent la tête basse. Tout à coup les 3 couleurs flottent. Notre président venait de remettre le drapeau au rameur SEPHERIADES après avoir accompli un marathon pédestre de 4 km pour rejoindre le groupe français.
On a frôlé… l'incident, et Charles BOIZARD, héros méconnu de cet exploit, l'asphyxie !
L'équipe de France était partie sans prétention aux Jeux Olympiques. Trop d'incertitudes pesaient sur notre sélection dont les prestations précédentes dans les compétitions internationales avaient été décevantes. Aussi, c'est " la fleur du fusil " que les joueurs, bien préparés pour un stage de 15 jours à Fontainebleau, débarquèrent à Londres. Nul n'attendait d'eux un exploit… ils le réalisèrent. C'est souvent ainsi que les meilleures surprises adviennent.
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