En 1924, les finales masculines et féminines se déroulent au même endroit : les Arènes de Lutèce. Les deux organismes qui gèrent le basket (la Fédération Française d'Athlétisme et la Fédération Féminine et Sportive) en ont décidé ainsi. L'événement est présenté par les gazetiers comme un signe fort de sportivité dans un climat général plutôt suspicieux et jaloux. Au plan des résultats, c'est le triomphe de l'Alsace. En effet, les champions de France sont le F.A. Mulhouse (Tondeur et Cie) chez les hommes et l'A.S. Strasbourg (en maillot foncé sur la photo) chez les femmes ; les chroniqueurs parisiens ont peu apprécié le style de jeu des Alsaciennes et surtout leur propension à " se parler dans leur langue " une forme de tricherie puisque " leurs adversaires étaient incapables de les comprendre " !
Entre 1928 et 1938 seulement gênées par le CAUFA de Reims (1931) et le CA Mulhouse (1937), les joueuses des Linnet's de Saint-Maur s'imposent à toutes les basketteuses de l'hexagone et sont fréquemment filmées par les actualités cinématographiques. Eclectiques elles pratiquent alternativement l'athlétisme et le basket ainsi que l'hazena un jeu tchèque qui donnera naissance au handball. La plus complète de cette équipe et la plus titrée est Mademoiselle VELU (ici avec le ballon sous le bras). Elle a remporté 43 titres de championne de France ( ! ) soit dans les 80, 100 ou 200 mètres, disque, poids, relais… ou basket-ball.
Championne du monde du 4 x 200 m, elle a tutoyé à plusieurs reprises le record du monde du 80 m (94) et fut, avec ses camarades de club FLOURET-PICOT et SANTAIS, championne du monde aux Jeux Mondiaux de Londres (White Hall 1934).
A l'issue de l'Occupation allemande, le basket féminin - passé sous la Coupe de la FFBB en 1936 - commence à prendre véritablement son essor. Une commission spécialisée est enfin instituée et confiée à Mademoiselle d'ALMEDIA (à gauche sur la photo) ; surnommée " la Comtesse " (particule oblige)… et employée des PTT elle veillera avec un soin jaloux sur ses ouailles.
Anne-Marie COLCHEN est le symbole de ce nouvel élan. Grande pour l'époque (1m82), adroite, elle véhicule une image rénovée de la femme basketteuse. Athlète de qualité, elle sera championne de France (1946,1948, 1949, 1950) et d'Europe (1946) de saut en hauteur et retenue, à ce titre, pour les Jeux Olympiques de Londres. Internationale pour la première fois en 1946 (elle a 21 ans), elle demeurera indispensable à l'équipe de France de basket durant dix ans (63 sélections).
Au commencement des années 60, sous la direction de Madame COSTE-VENITIEN, l'équipe de France fait appel à une nouvelle génération de joueuses. A cette époque, comme c'était d'ailleurs le cas avant, Marseille (le SMUC), Clermont-Ferrand (l'ASM) et Paris (PUC) sont les gros fournisseurs de la sélection. Les étudiantes parisiennes, que l'on dirait " scotchées " au titre national (6 titres en 5 ans entre 60 et 65), y tiennent une place prépondérante. Ici Martine GAUTEROUX (2è), Jacqueline CATOR (3è), Henriette MANUEL (8è), Nicole PIERRE (9è), Marie-Paule RAT (10è) perpétuent la tradition. Elles sont accompagnées par Danielle PETER (SREG Mulhouse), Yannick STEPHAN (Toulouse AC)
L'équipe est commandée par Ginette MAZEL (ASM) que l'on voit ici en tête de ses camarades portant en sus du foulard que chaque joueuse offrira à son adversaire, le fanion commémoratif destiné à la capitaine tchèque.
Les femmes atteignent la renommée internationale grâce à leur résultat surprenant aux championnats d'Europe de Rotterdam (1970) ; médaille d'argent après avoir seulement obtenu la 11ème place deux ans auparavant… avec très exactement la même équipe (moins Y. STREPHAN blessée). Un travail acharné, ponctué de longs stages a permis à Joë JAUNAY, l'entraîneur, et à Jacques PAQUET, son assistant, de constituer un groupe très soudé, grâce à la disponibilité des jeunes filles qui le compose, s'appuyant sur le talent de quelques joueuses exceptionnelles.
Issues du Clermont Université Club ou recrutées par lui, elles seront 13 fois Championne de France et feront vibrer la France entière lors de finales épiques de Coupe d'Europe qu'elles disputeront (et perdront) face à l'inaccessible Daugava Riga.
Sur la photo, on reconnaît entre autres : Elisabeth RIFFIOD, Jacky CHAZALON, Colette PASSEMARD et Christine DULAC.